Une porte ouverte
Le passage entre deux sphères de réalité, celle du visible et celle de l'invisible, constitue la question inépuisable de toute la tradition picturale. De la facture presque infaillible des panneaux flamands à la somptuosité débordante de Venise, le question ne réside jamais en la représentation des corps. Ainsi, la liberté fabuleuse de la maniera veneziana n'a pas hésité à se servir du coup de pinceau ou de la tache comme moyens qui dépassent les paradigmes mimétiques de son époque et nous conduisent jusqu'à une scène résolument moderne.
Notre regard se pose sur les dernières toiles de Avendaño. Et nous y découvrons une figuration qui n'est pas celle des corps mais de leurs relations physiques: lumière, couleur, lignes de force… L'œuvre ne représente une autre réalité extérieure mais, au contraire, elle est rigoureusement créatrice. À l'intérieur, une nouvelle sphère de réalité se dévoile étrangère aux contraintes du monde physique ordinaire: un espace indépendant, légitime, propre à la peinture.
De cette façon, personnelle et inépuisable, Avendaño vise à nouveau le précepte de la " vérité dans le naturel" réclamé par la peinture classique espagnole. L'œuvre picturale est véridique lorsqu'elle montre l'univers de la vie: visible et invisible.
Juan GALLO, catalogue Galerie Libre Cours. Février 2005, Bruxelles